Arts et culture

Concert de l’Orchestre à vent de la Faculté de Musique de l’Université Laval

Par Florence Larochelle, Journaliste pour la Salle des Nouvelles

C’est à 19h30, le vendredi 22 avril dernier, à la salle Henri Gagnon du pavillon Louis-Jacques Casault que se tenait le concert clôturant la session d’étude de plusieurs étudiants de musique de l’Université Laval.

L’Orchestre à vent, sous la direction musicale de Monsieur René Joly, a offert un programme haut en couleur et abordant plusieurs styles musicaux. Le directeur musical de renom, étant également pédagogue, percussionniste au sein de l’Orchestre Symphonique de Québec et fondateur de l’Ensemble vent et percussion de Québec anima la soirée sur un ton humoristique. La grande complicité existant entre celui-ci et ses musiciens était flagrante et ajouta un cachet chaleureux à l’événement.

La première partie du concert débuta avec Danses Roumaines de Thomas Doss. Cette pièce constituant l’ouverture d’une œuvre de cinq mouvements proposa plusieurs splendides solos de piccolo et de flûte traversière. Les nombreuses interventions vocales et corporelles surprenantes sous forme de clameurs festives et de clappements de mains plongèrent les spectateurs surpris dans une ambiance des plus joviales. Les percussions et le jeu habile du xylophone y furent particulièrement mis en valeur.

Marche au supplice, quatrième mouvement de la Symphonie fantastique de Hector Berlioz, arrangée par Gabriel Parès, suivit. À l’opposé de ce que son nom laisse suggérer, la pièce autobiographique dépeint une douce histoire amoureuse prenant place lors des jeunes années de Berlioz. Illustrant les tourments d’un amour inaccessible, cette marche est l’une des plus connues dans le milieu classique et fut magnifiquement interprétée. La particularité de l’œuvre se trouve notamment dans les partitions singulières de non un, mais bien deux timbaliers.

La première partie se termina avec Rhapsody in Blue, célèbre œuvre à la jonction du classique et du jazz de Johan de George Gershwin. Le solo principal fut interprété par la pianiste Sophie Bastarache qui impressionna la foule par son habileté et son sens musical sans nom. La pièce présenta également de sublimes solos de clarinette et de trompette. La belle cohésion entre l’ensemble et le piano ajouta au charme de l’interprétation.

Suite à une pause de quinze minutes, l’orchestre poursuivit avec la très connue première Symphonie du Seigneur des Anneaux, Hobbits, de Johan Meij.

Vint ensuite une interprétation audacieuse de Short Ride in a Fast Machine de John Adams arrangé par Lawrence T. Odom. Cette œuvre relativement récente présente une musique minimaliste aux motifs répétés. L’auditoire fut surpris par une progression dans le rythme et la dissonance ainsi que par la polyrythmie multiple, c’est-à-dire la superposition de plusieurs dessins rythmiques. Le woodblock, instrument de percussion, y joua en quelque sorte le rôle de l’horloge du temps. L’œuvre constitue ainsi un voyage dans le temps court et amusant. Pleine d’ascensions et à haute intensité, Short Ride in a Fast Machine présenta une fois de plus des jeux de percussions très intéressants.

La deuxième partie se conclut avec Spring de Johan de Meij. À la fois plaintive et expressive, l’œuvre se transforme en une variante de la polka menant vers le printemps, comme son titre l’indique. L’utilisation de percussions insolites ajouta un aspect visuel particulier agaçant la curiosité de l’auditoire. Par exemple, un percussionniste fit tourner au-dessus de lui une large corde créant un bruit sourd semblable à celui du frottement du vent.

Il est d’ailleurs à noter que Johan de Meij, l’un des meilleurs orchestrateurs actuels, sera de passage à Québec vers la fin du mois d’août 2016. Il collaborera avec quatre ensembles de Québec, dont l’Orchestre à vent de l’Université Laval, afin d’offrir un concert le 19 août au Palais Montcalm : un événement à ne pas manquer qui sera certainement unique selon Monsieur Joly.

La foule enthousiaste se mérita deux rappels. Le premier présenta le thème des populaires jeux vidéos Mario Bross et le deuxième une œuvre vénézuélienne dont le style singulier fait actuellement fureur en Amérique du Sud et en Europe. Habituellement, plusieurs violoncelles sont ajoutés à l’ensemble, amenant un côté chatoyant duquel bénéficient les vents, ce qui fait la particularité de ce style musical. Les couleurs et les rythmes sud américains ainsi que l’aspect extrêmement rythmé et festif de la pièce clôturèrent la soirée de façon mémorable.

L’Orchestre à vent de l’Université Laval clôt chaque session avec un concert, alors le prochain rendez-vous se tiendra près de la période des fêtes de 2016. La collaboration avec le célèbre de Meij au mois d’août est également un événement à mettre aux agendas.

 

 

 

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