Science

Conférence «Habiter l’hiver»

Par Olga Goulet-Doyon,                                                                                                           journaliste pour la Salle des Nouvelles

La conférence «Habiter l’hiver», avec la participation des «décodeurs» Guillaume Lévesque et Mélissa Cholette présentait les enjeux auxquels font face les Autochtones vivant au nord de la province ainsi que les obstacles que provoquent les différents types de précipitations que nous retrouvons sur le territoire du Québec.

 La première partie de la conférence nommée Habitations communautaires nordiques et participation autochtone : projet de transfert de connaissances et de valorisation de l’autonomie était animée par l’architecte Guillaume Lévesque membre de l’AUC, qui est le regroupement des architectes de l’urgence et de la coopération. Celui-ci a présenté le projet «Mission Kitcisakik», qui lui permit d’obtenir la médaille du gouverneur général en architecture en février 2013. Ce projet visait à rénover les habitations d’une tribu algonquine vivant à l’extérieur d’une réserve au nord de Val-d’Or. 450 autochtones vivaient dans 100 maisons sans réel revêtement extérieur et n’avaient ni l’électricité ni l’eau courante. Les problèmes répétés d’infiltration d’eau et le chauffage au bois provoquèrent des troubles respiratoires qui alarmèrent la population qui demanda l’aide du gouvernement.

Le projet démarra en 2009 avec la construction d’un moulin à scie et la formation de membres de la communauté afin qu’ils deviennent des ouvriers. La première portion du projet permettant de rénover 35 maisons et de loger 90 personnes s’échelonna de 2010 à 2015. Grâce aux subventions gouvernementales, les familles n’eurent qu’à débourser 15% des coûts des travaux afin d’être propriétaires d’une maison. En effet, contrairement aux gens vivant sur la plupart des réserves, les maisons de Kitcisakik appartiennent aux membres de la communauté et non pas au conseil de bande. De plus, une école primaire fut construite en 2010 et l’ajout d’un gymnase fut réalisé en 2013. Le projet se poursuivra grâce à l’octroi de deux millions de dollars par le gouvernement provincial dans le nouveau budget. Ceux-ci permettront la construction d’une cinquantaine de maisons supplémentaires.

En terminant, M. Lévesque mentionna un nouveau projet sur lequel il travaille au Nunavut et qui vise à réutiliser des conteneurs maritimes afin de les convertir en habitations pour la population locale. L’ingéniosité et l’entraide communautaire permettent à de nombreuses familles autochtones «d’habiter l’hiver».

Par la suite, Mélissa Cholette, étudiante au doctorat en sciences de l’atmosphère à L’UQAM nous présenta la formation des différents types de précipitations. Tout d’abord, elle nous expliqua pourquoi il est important d’étudier ces phénomènes, faisant référence notamment à la crise du verglas de janvier 1998 qui endommagea sérieusement les réseaux électriques dans plusieurs villes au Québec. Cependant, l’essentiel de sa démonstration concernait la formation des différents types de précipitations dans le sud du Québec.

Tout d’abord, les types de précipitations sont définis par la topographie du territoire ainsi que par les vents présents sur le territoire. On retrouve une couche d’air froid en surface du sol et une couche d’air chaud en altitude. La masse d’air chaud fait en sorte que les flocons dégèlent d’abord puis regèlent lorsqu’ils rencontrent la masse d’air froid. Le type de précipitations dépend donc de la température de la neige avant de se refroidir. Cependant, la grande diversité des systèmes météorologiques rend les prédictions difficiles en ce qui concerne les types de précipitations autres que la pluie ou la neige ainsi que les transitions spatiales et temporelles, c’est-à-dire la durée d’une tempête.

Mme Cholette nous laissa sur la question suivante qui est en lien avec ses études concernant l’impact du réchauffement climatique sur les précipitations hivernales : «Quelles seront les impacts d’une atmosphère plus chaude sur les évènements de pluie verglaçante et de grésil ?»

En bref, même si notre pays est habité depuis des lustres, «habiter l’hiver» demeure un enjeu actuel qui suscite encore la per

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