Vie au Cégep

La culture du viol (2)

Par Alexia Leclerc,                                                                                                                       journaliste pour la Salle des nouvelles

Suivant la publication d’un article expliquant les problèmes causés par la présence d’une culture du viol au sein de notre société, notre dossier sur le féminisme continue avec un article expliquant comment un mouvement antiféministe touche la population étudiante du Cégep Garneau.

La page Spotted uncensored Garneau crée une polémique dans la communauté étudiante. Des commentaires haineux à caractère misogyne sont publiés. Ils répondent à toutes les caractéristiques de la cyberviolence en propageant un message sexiste et violent. Cette cyberviolence touche une majorité de femmes : « Selon un rapport de l’ONU mené par la Commission Broadband, 73 % des femmes internautes dans le monde auraient expérimenté une cyberviolence sexospécifique : « sextorsion », harcèlement, « slut-shaming », « fat-shaming », etc. »[1] .Voici un exemple de la page qui pourrait être considéré comme de la cyberviolence: « Spotted 427 : Il y a une Barbie plus petite et plus ronde sur le marché. Où est le Ken petit et bedonnant? Oh wait. Uniquement les féministes au vagin sabloneux braillent à propos des jouets pour enfants.»

Le débat face à cette page est ouvert : certains considèrent qu’il devrait y avoir une censure sévère, tandis que d’autres n’y voient qu’un droit légitime à la liberté d’expression. Mais sur le web, il n’y a pas de législation pour ce genre de commentaire antiféministe étant donné que la loi ne couvre que les groupes identifiables tels l’origine ethnique ou la religion. Les idéologies attaquées ne sont pas protégées. Mais attaquer le féminisme est aussi une remise en question des droits acquis des femmes.

Ces commentaires se multiplient et consolident le courant du masculinisme, un mouvement de pensée qui considère le féminisme comme une expression sexiste envers les hommes et leurs droits. Il dépeint le féminisme comme ayant pour but la domination sur le sexe masculin. D’ailleurs, la page Facebook Hommes Garneau s’affiche masculiniste en publiant régulièrement des articles et des images dans l’objectif de déconstruire, dénigrer ou de banaliser la lutte féministe.

Or, selon la définition officielle, le féminisme refuse toutes les inégalités, qu’elles causent préjudices aux hommes ou aux femmes. Il y a là plutôt un problème de valeurs véhiculées par notre culture, les médias et la consommation : notre mentalité se base sur des standards et des stéréotypes qui nuisent aux deux sexes. Les rôles sont imposés et semblent correspondre à un carcan prédéterminé, ce qui accentue le sentiment d’injustice chez les deux sexes. Le féminisme ne veut pas retirer aux hommes pour redonner aux femmes, mais plutôt établir une égalité, tel que sa définition l’explique: « ensemble de mouvements et d’idées politiquesphilosophiques et sociales, qui partagent un but commun : définir, établir et atteindre l’égalité politique, économique, culturelle, personnelle, sociale et juridique entre les femmes et les hommes. »

 

 

 

 

[1] http://plus.lapresse.ca/screens/25af8038-d2ea-444b-87fc-51f3b06358e0%7C_0.html

 

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