Vie au Cégep

La culture du viol

Par Romane Marcotte,                                                                                                                journaliste pour la Salle des Nouvelles

Qu’est-ce que la culture du viol?

Le terme « culture du viol » provient du mouvement féministe des années 1970, et désigne une culture visant à minimiser la criminalité des agressions sexuelles. Globalement, le viol se retrouve être un crime banalisé, et ce, souvent en blâmant la victime. La grande majorité des victimes de viol (plus de 80%) étant des femmes, ce sont souvent leur comportement qui est désigné comme problématique, entre autre lorsqu’il concerne la consommation d’alcool ou la façon de s’habiller.

 

D’autres cas de figure excluent la culpabilité de l’agresseur, et ce résultant d’une image de l’identité et de la sexualité masculine basée sur la violence et l’agressivité. Les stéréotypes masculins, dénoncés depuis peu, notamment dans des documentaires tels que The Mask You Live In (2014), créent une pression sociale dommageable à tous les égards, acceptant l’idée qu’un homme puisse agresser une femme mais refusant de reconnaître les cas inverses. Par conséquent, les victimes masculines de viol souffrent tout autant de stigmatisation et se voient refuser, de façon plus ou moins officielles, le soutient judiciaire et moral dont elles ont besoin.

 

Plusieurs mythes contribuent souvent à représenter, dans l’imaginaire collectif, le viol comme étant un crime commis par un agresseur atteint de problèmes mentaux, sur une victime féminine qu’il ne connaît pas et dans un lieu public. Ainsi, ils nous poussent à considérer tout autre cas d’agression sexuelle comme improbable, donc à mettre en doute la parole de ceux et celles qui les rapportent. Cependant, si on en croit les données du Ministère de la Santé et des Services Sociaux du Québec, 8 victimes sur 10 connaissent leur agresseur et 7 victimes sur 10 sont agressées dans une résidence privée. On peut donc penser que le viol n’est pas uniquement possible dans des cas isolés, attribuables uniquement à un problème de santé mentale isolant l’agresseur du reste de sa société.

 

Est-ce exagéré de parler de « culture » du viol?

 

Toujours selon le Ministère de la santé et des services sociaux, on estime que 90% des agressions sexuelles ne sont pas déclarés à la police. Pourquoi un nombre si important? Comme évoqué précédemment, il existe une tendance sociale à blâmer les victimes d’agressions sexuelles, créant ainsi chez elles une honte de ce qui est arrivé. En outre, lorsque l’agression est commise par un membre de l’entourage, comme dans la majorité des cas, il est plus difficile de se défaire de l’emprise émotionnelle (créée par l’intimidation, des liens familiaux ou sociaux) de l’agresseur. Mais le problème ne s’arrête pas uniquement à la dénonciation du viol, mais également à sa répression : on estime que le tiers des femmes a été victime d’au moins une agression sexuelle depuis l’âge de 16 ans et qu’un homme sur six sera victime d’une agression au cours de sa vie. Il existe donc un double problème, que l’on peut expliquer par la confusion autour de la notion de consentement et d’agressions sexuelles. La culture du viol est donc ce qui encourage cette confusion, par la promotion culturelle d’une sexualité masculine insistante et débridée et l’objectification des femmes.

 

Plusieurs événements au cours des dernières années sont souvent cités comme constituant une culture du viol, allant de la polémique autour de la chanson Blurred Lines jusqu’aux révélations choquantes sur les problèmes d’agressions sexuelles concernant les campus américains, où on estime qu’une femme sur cinq sera agressée pendant sa scolarité, dans le documentaire The Hunting Ground. Que ce soit des propos encourageant l’ignorance du refus d’un individu ou la difficulté d’obtenir une considération judiciaire en tant que victime de viol, une partie importante des comportements sociétaux rendent difficile la condamnation complète des agressions sexuelles.

 

Il existe également un mouvement rejetant la validité du mouvement féministe, enlevant ainsi de la crédibilité à ce qui condamne la culture du viol. Un autre article suivra en expliquant comment ce phénomène touche les étudiants de Garneau!

 

 

Source : http://www.msss.gouv.qc.ca/sujets/prob_sociaux/agression_sexuelle/index.php?mythes-et-prejuges

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