Le monde

Trêve humanitaire en Syrie

Par Luqman Cissé,                                                                                                                    journaliste pour la Salle des Nouvelles

Un accord, négocié à Munich, concernant une trêve humanitaire en Syrie, a été conclu le 11 février dernier par les dix-sept pays membres du Groupe de soutien international à la Syrie (groupe comprenant entre autres la Russie et les États-Unis). Toutefois, au vu de la situation actuelle, beaucoup jugent peu probable que cet accord ne soit appliqué, si bien que ses chances d’être respecté ont été établies à 49 % par le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

C’est après d’intenses tractations que John Kerry, le Secrétaire d’État américain, a présenté l’accord en compagnie de M. Lavrov. Cette trêve ne prévoit pas la cessation des bombardements mais devrait permettre un accès humanitaire à certaines villes assiégées. Les mouvements tels que L’EI et le front Al-Nosra (branche d’Al Qaeda en Syrie) ne sont pas concernés par cette entente qui comprend aussi la poursuite de la lutte contre les groupes terroristes, catégorie qui, aux yeux de Damas et Moscou, englobe n’importe quel groupe armé opposé au président Syrien, Bachar Al Assad. Les combats devraient cesser pour une semaine.

Cette trêve a pour but de laisser place à une opportunité pour les différents acteurs du conflit syrien de reprendre leurs pourparlers. Peu nombreux sont ceux qui semblent optimistes quant à une accalmie. Le président syrien a affirmé, dans une récente entrevue, sa détermination de reconquérir l’intégralité du territoire syrien. Il a ainsi averti ses opposants que les combats visant à les déloger étaient destinés à durer.

Plus récemment, la Turquie et l’Arabie Saoudite ont annoncé leur intention de mener conjointement une opération militaire au sol. Ces deux pays, qui comptent parmi les plus farouches opposants au régime d’Assad, entendent ainsi engager des combats contre le soi-disant État Islamique. La Turquie a d’ailleurs réitéré son intention de continuer les bombardements contre les Kurdes de Syrie. Le pays a donc, pour une deuxième journée consécutive (14 février), bombardé des positions kurdes dans la province d’Alep, et ce malgré l’opposition de son allié américain. Rappelons que la Turquie est, depuis de longues années, en conflit avec des groupes armés séparatistes kurdes au sein de ses frontières, et plus récemment, en Syrie. Les combattants kurdes figurent parmi les principaux opposants de l’EI et du régime Assad.

La décision de ne pas observer de cessez-le-feu permanent est favorable aux rebelles syriens, qui sont d’avis qu’un tel accord ne serait pas pertinent, étant donné l’amalgame volontaire fait par la Syrie et ses alliées concernant les terroristes et les rebelles.

En bref, la crédibilité de cet accord ne permettant qu’un soutien humanitaire à certaines villes syriennes victimes de feux croisés, se voit affaiblie par les tensions apparentes entre les alliés (et opposants) dans la lutte contre les terroristes du front al-Nosra et de l’EI.

 

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