Le monde

Accord entre les délégations des 195 pays à la COP21

Par Luqman Cissé, journaliste pour la Salle des Nouvelles

C’est finalement après une prolongation des pourparlers d’une journée que toutes les délégations présentes à la conférence de Paris sur le climat ont approuvé un accord universel concernant la lutte contre le réchauffement climatique. Il s’agit d’un accord juridiquement contraignant qui régulerait le réchauffement à moins de 2° C et qui devrait être signé entre le 22 avril 2015 et le 21 avril 2017.

Six ans après l’avortement de la COP de Copenhague, au Danemark, la conférence de Paris s’est clôturée samedi le 12 décembre au site Paris- Le Bourget sous un tonnerre d’applaudissements, suite à l’annonce d’une entente entre toutes les nations présentes. L’accord annoncé par le ministre français des affaires étrangères et président de la conférence, Laurent Fabius, a été salué de partout à travers le monde. Le texte de l’accord contient entre autres l’objectif de 1,5 °C comme température maximale à atteindre alors qu’il avait été surtout question d’une augmentation maximale de 2 °C.

Devant l’urgence de se doter de moyens pour faire face à l’inquiétante accélération du réchauffement climatique, la COP 21 a souvent été désignée comme l’accord de la dernière chance. Des pays producteurs de pétrole comme le Venezuela ou l’Arabie Saoudite faisaient craindre des obstructions au bon déroulement des délibérations. Cependant, malgré le dépassement de la date finale initiale, les principaux acteurs de la conférence affichaient tout de même leur optimisme en la conclusion d’une entente.

Parmi les principaux points de l’accord figure un minimum de 100 milliards de dollars par an, déboursés par les pays riches et prévus pour aider les pays pauvres. De ce montant, une partie serait destinée à aider les pays les plus vulnérables aux changements climatiques à s’adapter. L’accord fait aussi référence aux questions relevant des droits de l’Homme, notamment en cas de litiges ayant pour cause des conflits environnementaux. Une reconnaissance des dommages liés aux conséquences des changements climatiques y est aussi incluse, ce qui pourrait ouvrir la porte à la reconnaissance du statut de réfugié climatique.

Cette conférence était l’occasion pour la diplomatie canadienne de se manifester depuis l’élection du gouvernement Trudeau. Le Canada fait d’ailleurs partie des pays ayant milité pour une cible de 1,5 °C, s’alliant ainsi avec les pays les plus à risque. La reconnaissance des droits des peuples autochtones faisait aussi partie des revendications canadiennes. Par ailleurs, la ministre de l’environnement et du changement climatique, Catherine McKenna, a été approchée par Laurent Fabius pour occuper le rôle de facilitatrice, destiné à faciliter les négociations.

Sous cette nuée d’éloges se cachent cependant certaines voix dissidentes d’ONG et autres personnalités sceptiques qui relèvent défauts et déceptions dans le texte. Tous ou presque saluent les objectifs mais beaucoup soulignent que les dispositions annoncées ne permettront pas de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C. Les cibles en matière d’émissions sont notamment pointées du doigt. Le fait que certaines mesures entretiennent un flou exploitable par les pays développés les plus récalcitrants déçoit aussi.

Pour Stéphane Dion, ministre canadien des affaires étrangères, ce texte qui n’est pas exempt de défauts est cependant compensé par le système de révision des engagements à tous les cinq ans mis en place par le texte. L’accord entrant en vigueur en 2020 et n’étant pas sujet à des révisions avant 2024, des ONG soutiennent qu’il faudrait plutôt amorcer le processus de révision dès 2018.

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