Politique

Les Libéraux l’emportent!

Par Étienne Poirier, journaliste pour la Salle des Nouvelles

Le scrutin électoral d’hier, qui mettait fin à une campagne électorale de 78 jours– la plus longue de l’histoire moderne du Canada- fut probablement l’une des plus imprévisibles. En effet, suite à une campagne où conservateurs, néo-démocrates et libéraux s’arrachaient la première place dans les sondages, c’est finalement le parti Libéral de Justin Trudeau qui l’a emporté, et ce, avec une majorité de 184 sièges.

            C’est donc aux libéraux que la longue campagne aura été la plus profitable. En effet, si ceux-ci piétinaient dans les sondages lors du déclenchement de la campagne, ils auront vraisemblablement réussi à séduire les électeurs, puisque 39,5 % d’entre eux ont voté pour le parti. Notons notamment le balayage que le parti a effectué dans les provinces de l’Atlantique, gagnant tous les sièges des 4 provinces maritimes. Au Québec, la percée se ressent particulièrement dans la région de Montréal. C’est toutefois le gain substantiel de sièges en Ontario qui aura fait la différence, et qui a assuré au parti une majorité. Lors de son discours, celui qui est devenu, hier, le 23e premier ministre du Canada, Justin Trudeau, aura notamment déclaré : «À mes compatriotes québécois, ce soir, ensemble, nous avons choisi la voie de l’engagement, nous avons choisi de se réengager dans une politique plus rassembleuse, plus positive, nous avons choisi de se réengager dans la gouverne d’un pays qui reflète nos valeurs et nos ambitions. Nous avons choisi de faire confiance et d’investir ensemble dans notre avenir.»

Le retour au pouvoir des libéraux après 9 ans d’absence marque aussi la fin du règne Conservateur au Canada, avec Stephen Harper qui aura dirigé le Canada de 2006 à 2015. Après avoir fait le pari risqué de déclencher des élections aussi longues, le parti Conservateur n’a pas réussi à convaincre les électeurs de lui refaire confiance pour un quatrième mandat. En effet, les résultats d’hier démontrent que l’ex-premier ministre a eu de la difficulté à bien transmettre son message. Malgré une majorité de sièges dans les Prairies et un gain de 6 sièges dans la province de Québec, c’est une perte importante dans les autres provinces qui aura coûté la victoire aux Conservateurs. Bien qu’il ne l’ait pas déclaré dans son discours, Stephen Harper a démissionné de son poste de chef de parti par voie de communiqué.

Les néo-démocrates ont aussi eu des résultats plutôt décevants, avec seulement 44 sièges, comparativement à 103 lors de l’élection de 2011. Bien que leur campagne ait démarré solidement, le parti de Thomas Mulcair a perdu des appuis suite à son incapacité à répondre de façon satisfaisante à certains enjeux, dont le port du niqab, sujet chaud au Québec. La déconfiture néo-démocrate n’augure rien de bon pour son chef, qui n’a toutefois pas fait de déclaration sur l’avenir de son implication politique.

Le Bloc, qui démarrait cette campagne en difficulté, avec le retour précipité de Gilles Duceppe peu avant la campagne, aura finalement réussi à faire quelques gains, en passant de 2 députés au moment de la dissolution du parlement à 10. Bien que ce nombre ne s’approche pas des résultats du Bloc aux élections antérieures à 2011, le chef du Bloc s’est toutefois montré positif, en insistant sur le chemin parcouru. Notons que le chef a été défait par la néo-démocrate Hélène Laverdière dans Laurier-Sainte-Marie.

À Québec, les néo-démocrates n’auront conservé aucun de leur siège, le parti Conservateur gagnant les comtés de Louis-Saint-Laurent, Charlesbourg-Haute-Saint-Charles, Portneuf-Jacques-Cartier, Beauport-Limoilou et Beauport-Côte-de-Beaupré-Île-d’Orléans-Charlevoix. Les libéraux, quant à eux, gagnent les circonscriptions de Québec et de Louis-Hébert. Du côté de la rive-sud, c’est un balayage conservateur, avec les circonscriptions de Lévis-Lotbinière, Bellechasse-Les Etchemins-Lévis et de la Beauce.

Les prochains mois seront déterminants à savoir si les libéraux tiendront leurs promesses de campagne. Chose certaine, la fin du règne conservateur marque un changement dans la politique canadienne, bien que la tradition bipartiste canadienne perdure

À propos de l'auteur

La Salle des Nouvelles

Commentez