Vie au Cégep

Profs en négo!

Alexandrine Lahaie, Journaliste pour la Salle des Nouvelles                                                                                                                                         

Depuis la rentrée, vous avez peut-être aperçu ici et là, certains professeurs distribuant des tracts, affichant un macaron ou même un chandail portant le message : « Profs en négo! ». Le contexte de cette dite négociation peut paraître complexe au premier abord et donner l’impression de ne pas nécessairement concerner les étudiants. Pourtant, quand on y regarde de plus près, on s’aperçoit que cet enjeu est crucial pour les enseignants, mais aussi pour les étudiants.

En effet, nos professeurs font partie du groupe syndical CSN (Confédération des Syndicats Nationaux), qui fait partie du Front Commun regroupant environ 400 000 employés de l’État partout au Québec. Présentement, les 550 000 employés de l’État sont en renégociation de leur convention collective (contrat de travail qui définit leurs conditions de travail, ayant une durée de 5 ans et qui, après cette période, doit être renouvelé).

Depuis 8 mois, la période de renouvèlement est entamée et elle ne se terminera pas tant que les deux côtés ne parviendront pas à une entente. En ce moment, c’est la fin de la phase d’exploration et les vraies négociations commencent.

Les modifications que le gouvernement provincial veut apporter à cette convention sont considérées comme inacceptables par une proportion considérable d’enseignants. Le gouvernement libéral adopte, en effet, une approche d’austérité visant à rééquilibrer les finances et à atteindre l’équilibre budgétaire, effectuant ainsi des compressions dans tous les secteurs des dépenses de l’État. Du côté de l’éducation, le gouvernement voudrait couper dans les ressources enseignantes dédiées aux élèves ayant des besoins particuliers au primaire, au secondaire et au Cégep. Les professeurs souhaitent au contraire plus de ressources dans ce secteur. Aussi, il propose de restreindre l’accès des enseignants à une permanence, synonyme de sécurité d’emploi, statut dont bénéficient présentement environ 60% des enseignants. D’autre part, ceux-ci déplorent particulièrement la mesure prévoyant d’abolir les lettres d’ententes sur les garanties qui assuraient un nombre minimal de professeurs pour un nombre d’étudiants donné dans le réseau. Ces mesures auraient, de l’avis de certains, pour effet de nuire à la qualité de l’enseignement, car moins de professeurs équivaut à moins de temps pour chaque élève.

Les professeurs adoptent donc certaines actions de perturbations administratives et des mesures de sensibilisation. Ainsi, le lundi 5 octobre prochain, qui est la journée mondiale des enseignants, tous les professeurs de Cégeps feront du piquetage (manifester près du lieu de travail avec des pancartes) jusqu’à 8h00. Mais pour plusieurs, ce qui pourrait peser dans la balance serait un mouvement de grève. M. François Chassé, vice-président à l’information du syndicat des enseignants du CÉGEP Garneau, assure cependant que l’objectif du mouvement n’est pas de nuire aux étudiants.

Par ailleurs, certains mouvements étudiants se positionnent en soutien aux enseignants, tel que l’ASSÉ, qui organise notamment une manifestation en appui aux enseignants le 5 octobre 2015.

De son côté, le gouvernement assure qu’il souhaiterait offrir davantage, mais que le contexte budgétaire ne le lui permet pas. En effet, le premier ministre Philipe Couillard a affirmé en entrevue avec lActualité dans l’édition du 15 octobre 2015: «… J’aimerais bien pouvoir offrir plus, mais il y a la réalité de nos moyens. […]  Les demandes syndicales sont totalement irréalistes […] On ne mettra pas à risque l’équilibre budgétaire…»

Le gouvernement demeure néanmoins optimiste et considère, tel que l’a affirmé le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, au journal Le Soleil, le 23 septembre dernier : « Il y a ce qu’il faut sur la table pour progresser ensemble. ».

 

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