Le monde

Coup d’état militaire au Burkina Faso

Par Julianne Toupin et Luqman Cissé
Journalistes à la Salle des Nouvelles

Crédit Photo: Libération.fr

Véritable coup de tonnerre sur la scène politique africaine et internationale, le coup d’état du 17 septembre au Burkina Faso en a surpris plus d’un. Près d’un an après que les burkinabés soient descendus en masse dans les rues pour exiger le départ de l’ex-président Blaise Compaoré, lui-même ex-militaire putschiste au pouvoir depuis 27 ans, c’est un énième coup d’état militaire, mené par le général Gilbert Diendéré, qui plonge le pays dans l’instabilité politique en portant un coup dur aux aspirations démocratiques du pays. Avec la prise en otage du président par intérim Michel Kafando et de son premier ministre Isaac Zida par la Garde Présidentielle, c’est tout le processus de transition qui est mis en suspens.

 

Ce coup d’état intervient alors que le premier tour des élections était prévu le 11 octobre prochain. Les résultats très attendus de l’autopsie de l’ex-président Thomas Sankara, assassiné dans des circonstances nébuleuses, lors du coup d’état orchestré par Blaise Compaoré en 1987, devaient aussi être rendus publics le 17 septembre. Le général Diendéré est d’ailleurs connu pour avoir été le bras droit de Blaise Compaoré pendant près de 30 ans.

 

Les réactions n’ont pas tardé à se faire entendre, l’UA (Union Africaine) suspendant le pays et prévoyant des sanctions contre les putschistes, à l’instar du Mali en 2012. Le président français François Hollande a lui aussi condamné le coup d’état et a appelé à la libération immédiate du président Kafando et du reste de l’exécutif. Il a aussi appuyé la médiation présidé par Macky Sall et Boni Yayi, les présidents sénégalais et gabonais.

 

D’autre part, le premier ministre québécois, M. Philippe Couillard, de paire avec la ministre des relations internationales et de la francophonie (MRIF) Mme Christine St-Pierre, a émis, le 17 septembre dernier, un communiqué de presse condamnant le coup d’état.

« À l’instar de l’Organisation internationale de la Francophonie, des Nations Unies, de l’Union africaine et de la Commission économique des États de l’Afrique de l’Ouest, le gouvernement du Québec condamne les actes inadmissibles qui se déroulent aujourd’hui au Burkina Faso. Nous appelons fermement à la libération immédiate de toutes les autorités concernées, à la remise en place des autorités de la transition et à la reprise du processus électoral »[1] – Philippe Couillard

« Il est primordial que le Burkina Faso respecte les principes de la Déclaration de Bamako sur les pratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l’espace francophone »[2] – Christine St-Pierre

 

En effet, le Québec entretient de nombreux liens avec le pays africain par le biais d’organisations internationales comme l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Être signataire des ententes d’un tel réseau implique la reconnaissance et la valorisation de certains principes démocratiques de base, incompatibles avec la définition même d’un coup d’état. De plus, dans le cadre de programme d’aide au développement durable en Afrique francophone, le gouvernement du Québec a investit 50 millions de dollars au Burkina Faso et ce, entre 1995 et 2010.

Outre le MRIF, le Directeur général des élections (DGEQ) est aussi impliqué dans des initiatives de promotion de la démocratie, notamment au Burkina Faso.

 

Pour en savoir plus, il est possible de consulter le site web du MRIF au http://www.mrif.gouv.qc.ca/fr/

 

[1] http://www.premier-ministre.gouv.qc.ca/actualites/communiques/details.asp?idCommunique=2765

[2] idem

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