Politique Vie au Cégep

Micro-ondes et chien Mira : les élections 2015 déchirent le cégep Garneau

Par Julianne Toupin
Journaliste à la Salle Des Nouvelles
et Mathilde Duval-Laplante
Journaliste à la Salle des Nouvelles

Crédit photo : Patrice Laroche

Résultats du suffrage :
Coordonnatrice : Frédérique Fiset-Cholette (59% des votes)
Coordonnatrice adjointe : Rosalie Genest (61,1% des votes)
Responsables aux finances : Charles Pesant (62,3% des votes)
Responsable aux communications : Erick Sauvageau (58,6% des votes)
Responsable aux affaires internes : Lence Dumas (59% des votes)
Responsables aux affaires externes : Camille Faucher (64,1% des votes)
Responsable aux affaires environnementales et internationales : Victoria Thân (60,2% des votes)
Responsables aux affaires pédagogiques : Samuel Labrecque (59,4% des votes)
Responsable à la vie étudiante : Camille Nguyen-Trépanier (61,8% des votes)

Ce sont les 23 et 24 avril 2015 que s’est tenu le scrutin pour l’élection annuelle des membres du conseil d’administration de l’association étudiante du cégep Garneau. La participation, plutôt basse l’an passé avec seulement quelque 300 votes, a presque doublé cette fois-ci avec un total de 641 votes. Quoique les données officielles ne soient pas disponibles, il est possible d’estimer un taux de participation d’environ 10%. Particularité cette année : nous avons assisté à la formation d’un parti, le Parti Démocratique Garneau (PDG), qui a présenté des candidats à tous les postes. Ceux-ci ont fait campagne avec un ou deux candidats indépendants comme vis-à-vis.

Bien que peu d’électeurs se soient présentés aux urnes, des entrevues réalisées par la Salle des Nouvelles auprès de ceux-ci nous auront permis de réaliser l’importance que certains accordaient à l’exercice de leur droit de vote. Ceux-ci se disaient concernés par les enjeux et désiraient faire entendre leur opinion, quelle qu’elle soit. Tous s’entendaient aussi pour déplorer la tournure de certains événements qui ont caractérisé les derniers jours, tels que l’assemblée générale pour la désaffiliation.

Le dépouillement des votes permet de constater que les électeurs ont fait un choix sans équivoque en élisant tous les candidats du PDG, chacun avec plus de 50% des voix. Ces résultats s’avèrent inattendus, puisque personne ne pouvait prévoir un appui important à ce nouveau parti. Lors d’entrevues dans les jours précédant les élections, aucun des candidats ne s’est risqué à une prédiction. La campagne électorale fut sans contredit l’objet de nombreuses controverses et allégations d’intimidation. Frédérique Fiset-Cholette, alors candidate au poste de coordonnatrice, a fait, lundi le 20 avril, une sortie publique pour dénoncer une situation, à son avis inacceptable, puisqu’il semblerait que certains de ses collèges du PDG, auraient été victimes d’intimidation et de menaces. Elle a confirmé ses dires lors d’une entrevue accordée à la SDN. En outre, tous les candidats questionnés sur le sujet semblaient s’entendre pour condamner de telles actions. Cela dit, le directeur général des élections Thomas Pilon-Robitaille a affirmé qu’aucun des candidats en course ne peut être tenu responsable de telles accusations.

L’atmosphère entourant ces 10 jours de campagne était tendue. Il est impossible d’accuser formellement qui que ce soit d’avoir contribué à ces évènements, mais les esprits se sont échauffés et certains groupes d’étudiants semblent avoir adopté des positions radicalisées et diamétralement opposées. D’ailleurs, certains considèrent que les débats politiques et sociaux qui font rage au Québec, ce printemps, se sont immiscés dans la campagne entourant l’élection du nouveau C.A. Les réseaux sociaux furent aussi le théâtre d’échanges agressifs. Le débat a dépassé les limites du respect et de l’ouverture d’esprit et tous ne furent pas en mesure d’exprimer librement leur point de vue. En effet, ceux qui auront suivi les nombreux échanges, particulièrement sur Facebook, auront constaté que la protection que représente l’écran aura permis à certains de laisser libre cours au fil de leur pensée, sans aucune retenue.

Aujourd’hui, le 30 avril, des étudiants ont planté des tentes sur le terrain du cégep, entre le A et le F, et ont affiché des bannières contre l’austérité. Une protestation peu anodine, mais pacifique, selon Joëlle-Ann Shaw, co-porte-parole de l’occupation. C’est pour appuyer, entre autres, le mouvement de protestation « Occupe toute » des étudiants du cégep St-Laurent et du Vieux-Montréal, les professeurs en négociations de grève et pour dénoncer le profilage politique actuel.

Plusieurs dizaines d’étudiants se sont relayés au cours de la journée sur le site, pour permettre à tous de pouvoir assister à leurs cours. Étant installés depuis sept heures ce matin, ils ont l’intention d’y passer la nuit et de repartir demain matin. Selon Joëlle-Ann Shaw, c’est illégal de planter ainsi des tentes dans les règlements du cégep, mais trois responsables ont passé la journée avec des membres de la direction pour négocier une permission spéciale.

Quoiqu’il en soit, il fut annoncé en fin d’après-midi que la grève des professeurs, prévue le 1er mai, ne se tiendrait pas à Garneau et que ce serait une journée de cours normale. De plus, il se tiendra une nouvelle assemblée générale spéciale le 7 mai prochain à 12h, à l’auditorium, pour discuter de la possibilité d’une désaffiliation à l’ASSÉ, le syndicat étudiant auquel l’association étudiante de Garneau est affiliée. Entre micro-ondes, chien Mira et occupation pacifique, le printemps 2015 aura été mouvementé.

 

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