Arts et culture Vie au Cégep

Martha Wainwright rend hommage à Édith Piaf pour la Fondation

Par Romane Marcotte
Journaliste pour la Salle des Nouvelles

Martha Wainwright est venue présenter une interprétation émouvante des chansons d’Édith Piaf dans un concert amassant des bénéfices pour la Fondation Garneau et la création de l’Espace du Français.

C’est le jeudi 26 mars que le cégep Garneau accueillait Martha Wainwright, pour son concert « Hommage à Édith Piaf », un spectacle organisé par la Fondation du cégep Garneau et dont les bénéfices iront à la conception de l’Espace du Français. Ce nouveau projet, selon André Désîlet, professeur de littérature à Garneau, fera office de vitrine pour initier les étudiants à la littérature, mais aussi au théâtre et à la chanson, de moyen d’exposer la langue française sous un autre angle que l’angle grammatical, de faciliter l’intégration des étudiants allophones ou encore de lieu pour accueillir les délégations d’écrivains et les activités telles que les colloques, les concours et les marathons d’écritures. Une salle qui devrait se situer dans le pavillon A et être d’un espace adéquat pour accueillir environ 50 étudiants.

La représentation était précédée d’un cocktail où, de 18h à 19h, des étudiants bénévoles ont servi du vin et des bouchées aux visiteurs, accueillis par la mélodie d’un orgue de barbarie. C’est l’occasion de rencontrer Denys Lelièvre, ancien professeur de Garneau et organisateur de la soirée, qui explique que cette levée de fonds à caractère culturel permettra d’amasser l’argent nécessaire à la Création de l’Espace de Français en plus de rendre hommage à la grande chanteuse qu’était Édith Piaf, l’année qui aurait pu être son 100ème anniversaire de naissance : « Le choix de Martha Wainwright n’est pas anodin, c’est une artiste qui a une carrière d’une quinzaine d’années derrière elle et qui peut ajouter une touche personnelle aux chansons de Piaf sans risquer le pastiche, comme c’est parfois le cas lorsque des artistes exclusivement interprètes s’attaquent aux monstres de la chanson. C’est aussi une façon de nous faire découvrir des chansons moins connues, car si on connaît la Piaf amoureuse et passionnée, on oublie souvent qu’elle a aussi chanté les petites gens ou la guerre à Paris ».

C’était également l’occasion de discuter avec Lysanne Coupal, qui fut la secrétaire et traductrice d’Édith Piaf lors de sa tournée en Amérique du Sud en 1956.. Mme Coupal a confié à la Salle des Nouvelles que l’année qu’elle a vécue en compagnie de la chanteuse était « la chose la plus phénoménale » de toute sa vie : « J’avais 21 ans lors de cette rencontre, ajoute-t-elle, c’était une expérience réellement forte ! ». Décrivant Piaf comme une femme « généreuse de tout, dynamique, absorbante et aussi extraordinaire qu’exécrable », Lysanne Coupal est venue écouter Mme Wainwright avec une grande ouverture d’esprit, confiante dans la passion que la chanteuse montréalaise entretient pour Édith Piaf depuis son enfance. Quant aux interprétations de Piaf, Mme Coupal ne les recherche pas particulièrement, mais se rappelle encore de la prestation de Léo Munger dans la pièce Piaf, présentée au Trident en 1982.

À 20h, de nombreux spectateurs avaient pris place dans l’auditorium du cégep, et l’animatrice Renée Hudon a commencé la représentation par les remerciements aux organisateurs de l’événement ainsi que la présidente d’honneur Louise Cordeau, qui ont permis de récolter 36 500$ pour la Fondation de Garneau.

Puis apparut sur scène Martha Wainwright, dont la voix puissante, versatile et chaleureuse nous a transmis les chansons d’Édith Piaf. Passionnée, elle installe sa présence sur scène avec aisance et talent, bouleverse le spectateur avec « Une enfant », l’enchante avec « Marie Trottoir » et lui coupe le souffle avec « Les blouses blanches », des œuvres que l’on peut retrouver dans son album Sans Fusils, Ni Souliers, À Paris. Une performance émouvante et impressionnante, qui a conquis un public émerveillé. Outre les chansons d’Edith Piaf, Martha Wainwright a mis de côté pour un instant le piano et la contrebasse pour se munir de sa guitare et nous interpréter deux de ses compositions ainsi que d’autres chansons francophones, et diversifier ainsi une représentation déjà captivante.

Mme Wainwright nous a quittés sur « Proserpina », une chanson écrite par sa mère qu’elle a interprétée avec une émotion poignante après que les applaudissements du public l’aient ramenée sur scène. Elle a prit un instant pour signer des autographes et prendre des photos avec ses admirateurs qui l’avaient attendue à l’entrée de l’auditorium, présentant ainsi une dernière fois son sourire radieux au public.

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