Politique Vie au Cégep

POINT CHAUD : Vifs débats à l’assemblée générale spéciale de grève du 31 mars

Par Mathilde Duval-Laplante
Journaliste pour la Salle des Nouvelles

 

À partir de 14h hier, dans la Salle des Pas perdus du cégep, s’est tenue l’assemblée générale spéciale pour un vote de grève pour la journée du 2 avril 2015. Au final, il fut voté qu’il y aurait une consultation étudiante sur Omnivox à partir de la fin de l’assemblée jusqu’à 9h00 demain matin, le 1er avril, pour permettre à la communauté étudiante de Garneau de s’exprimer. Retour sur les échanges.

 

Plus de 600 personnes se sont présentées à la Salle des Pas perdus pour cette assemblée générale spéciale, un record de mobilisation depuis le printemps 2012. On a d’abord vérifié l’identité des personnes qui entraient dans la salle : la foule était telle que plusieurs dizaines de chaises se sont rajoutées, et beaucoup de gens étaient debout. Des agents de sécurité étaient postés aux extrémités de la salle et des journalistes de TVA étaient présents. Puis la séance s’est ouverte une quinzaine de minutes en retard, le temps de réorganiser l’espace.

 

D’emblée, on s’opposa à la présidence de Valérie Plante-Lévesque, étudiante en géographie à l’UQAM et ancienne attachée de presse de l’ASSÉ, mais vu sa maîtrise particulière des procédures d’assemblées générales de grève, on vota finalement pour sa candidature. D’ailleurs, sa présentation des formalités habituelles qui suivit en fut une démonstration indéniable. On proposa aussi un huis clos médiatique, mais l’assistance se prononça en défaveur et les journalistes de TVA purent rester dans la salle.

 

C’était vraisemblablement la première assemblée générale de plusieurs étudiants et la communication ne se faisait pas bien d’un bord à l’autre de la salle. L’ambiance était plutôt survoltée et tendue et le processus prit du temps à être enclenché. Mais sitôt que la première plénière de quinze minutes sur l’austérité commença, les échanges se firent plus naturellement et dans le respect des autres. Une chose qui surprit agréablement le coordonnateur-adjoint de l’Association étudiante, Thomas Pilon-Robitaille, interrogé à la fin de la séance : « Les argumentaires étaient bien développés des deux côtés. Ce fut long et un peu pénible parfois, mais c’est normal pour une AG de grève, tout comme les tensions. Le décorum fut toutefois bien respecté ».

 

En premier lieu, il y eut de vifs débats sur l’austérité, puis sur la tenue d’une grève en regard de cet enjeu : les discussions furent entre autres interrompues par un comptage exhaustif des voix et des interventions sur le respect du décorum. La décision de limiter ou non les tours de parole prit aussi plusieurs dizaines de minutes. Quoiqu’il en soit, la première partie de l’assemblée générale fut consacrée à la présentation des arguments en faveur et en défaveur d’une grève contre l’austérité du gouvernement libéral Couillard. D’une part, plusieurs étudiants évoquèrent que l’austérité est une chose toxique pour une société et qu’il y a d’autres moyens que les coupures pour rembourser la dette du Québec. Aussi, certains discours furent assez éloquents sur le fait que les étudiants sont l’avenir et qu’ils doivent faire entendre leur colère si les décisions qui concernent leur futur ne leur conviennent pas. D’autre part, les étudiants en défaveur de la grève exposèrent presque tous leur solidarité envers la lutte contre l’austérité, mais mirent de l’avant qu’utiliser le moyen de pression syndical le plus élevé pour une seule journée n’aurait pas d’impact sur le gouvernement et qu’il existait d’autres alternatives.

 

En second lieu, on débattit longtemps sur la formulation de la question à poser aux étudiants sur Omnivox. Jusqu’à quel point devait-elle être neutre, combien de temps devait-elle être mise en ligne ? On pensa à rédiger des argumentaires pour et contre la grève qui auraient été insérés dans le module informatique pour informer les étudiants qui n’étaient pas venus en assemblée, mais la proposition fut refusée, notamment parce que le temps de mettre en ligne la question référendaire aurait été trop long.

 

Au fil des heures, au moins la moitié des étudiants présents au début étaient partis à leurs cours ou du cégep, et l’attention des membres de l’assistance faiblissait peu à peu. Mais toujours est-il que la participation étudiante fut très impressionnante. L’assemblée fut levée à 17h35. À ce moment, l’Association étudiante offrit des billets de justification d’absence pour ceux et celles qui avaient manqué leurs classes pour venir assister à l’assemblée, une chose qu’elle aurait due faire dès le départ, selon Lauriève Ménard. Certains, comme Frédérique Fiset-Cholette, trouvèrent que les échanges furent stagnants et un peu fourbes, mais assurèrent qu’ils exerceraient leur droit de vote sur Omnivox. D’autres, tels que Cédric Drouillard, assurèrent qu’ils iraient manifester à Montréal même si la grève ne passait pas.

 

Ce fut une démonstration impressionnante de mobilisation étudiante, et nous attendons avec impatience les résultats du référendum ce matin. La Salle des Nouvelles vous informera, tout comme l’Association étudiante, de l’issue du vote.

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