Arts et culture Vie au Cégep

Colloque de vulgarisation scientifique de la Première Guerre Mondiale – Partie 3 de 3

Voici la dernière partie de la couverture médiatique du colloque de vulgarisation scientifique de la Première Guerre Mondiale.

6. Tour de force culinaire

La cuisine rationnée
Par Juliette Fournier
Journaliste pour la Salle des Nouvelles

Comment nourrir 30 000 hommes partis au Front en plus de la population civile en temps de guerre? Grande question! Mme Marcelle Cinq-Mars, archiviste militaire à Bibliothèque et archives Canada, a tenté de répondre à cette question dans sa conférence : « Nourrir un peuple et une armée : le rationnement volontaire au Canada durant la Première Guerre mondiale ».

C’est le mercredi 18 mars à 13 h à l’auditorium que se tenait cette conférence. Mme Cinq-Mars a expliqué les moyens mis en place au cours de la Première Guerre mondiale pour assurer à tous une quantité suffisante de nourriture.

Elle mettait en évidence le rôle d’un nouveau poste créé à cette période, le contrôleur des vivres. Celui-ci devait s’assurer que tout le monde avait assez de nourriture. Pour ce faire, il devait encourager les gens à produire plus et à consommer moins. Le programme était axé sur 4 catégories alimentaires : la farine, la viande, le sucre et autres.

Le travail du contrôleur des vivres a été si efficace, qu’il n’a pas été nécessaire d’imposer un rationnement pendant la Première Guerre mondiale. Les civils s’autorégulaient pour des raisons patriotiques, mais ils n’avaient pas d’obligations. Une bonne dose de propagande encourageait bien sûr les civils à faire preuve de patriotisme! La situation était différente pour les restaurateurs qui eux, étaient soumis à des lois restrictives pour la vente de viande. Toute cette organisation pourrait être considérée, expliquait Mme Cinq-Mars, comme le banc d’essai de la Deuxième Guerre mondiale.

En somme, la conférence nous a permis d’en apprendre davantage sur les méthodes employées afin de nourrir autant les soldats que les civils. Mme Cinq-Mars connaissait son sujet de fond en comble et cela se traduisait par la foule d’informations qu’elle a su transmettre aux participants. Pour en savoir plus, son livre La cuisine rationnée donne une panoplie d’informations au sujet de la cuisine au temps de la Première Guerre.

7. Unity (1918), une grande réussite

Unity 1928
Par Mathilde Duval-Laplante
Journaliste pour la Salle des Nouvelles

L’ambiance feutrée et l’intensité mélancolique des comédiens ont fait de la pièce Unity (1918) de Kevin Kerr un divertissement de la plus grande qualité. La mise en scène de Véronique Côté était très rythmée et pour le moins surprenante, ponctuée de tristes mélodies instrumentales et de chants. Le thème de la mort était fondamental, s’imposant dans les décors, les accessoires et les dialogues. Les comédiens, étudiants du cégep, étaient très convaincants et harmonieux, tous vêtus de costumes d’époque et interprétant leurs personnages avec naturel et crédibilité.

La pièce s’est ouverte sur un monologue de Béatrice, la protagoniste de la pièce, interprétée par Romane Marcotte. Elle et ses deux sœurs vivent à Unity, petit village au milieu des Prairies, durant l’automne 1918 où les menaces d’épouvante de la guerre et de la terrible grippe espagnole s’imposent et occupent les habitants. Le croquemort du village est décédé, laissant sa fille prendre le relais de cette tâche ingrate. Cette dernière est la cousine d’un soldat aveugle tout juste revenu du front. Les morts et les deuils s’enchaînent, tout comme les amours, les déceptions, la possibilité d’une fin du monde et les conflits. Un texte profond et plein de rebondissements qui tient le spectateur en haleine.

Si la vie miséreuse et pour le moins tragique des personnages pèse lourd, elle n’est pas sans joies et quelques beautés qui équilibrent l’œuvre : les quelques baisers amoureux, les blagues pleines d’ironie et le soldat qui s’intéresse à la mode féminine surprennent et font sourire. La maîtrise des comédiens se fait ressentir dans les effets spéciaux contrôlés à la perfection. Selon Flavie Chevalier, interprète de Cissy Wilde, c’est surtout lors de la semaine précédant la Première que tout est tombé en place, notamment les baisers, qui jusque là avaient été durs à réaliser. Mais l’illusion – qui, finalement, n’en était pas une – était parfaite. Depuis octobre, les neuf étudiants ont répété environ de quatre à six heures par semaine. Quarante étudiants, professeurs et parents sont venus assister à la Première, mercredi à 15h. Mais aux dires de Mlle Chevalier, ils attendaient beaucoup de monde vendredi le 20 et samedi le 21 mars, où eurent lieu deux autres représentations de Unity (1918), événement très excitant pour eux après tout ce travail. Chapeau bas aux artistes !

Unity (1918) de Kevin Kerr, interprétée par Romane Marcotte, Flavie Chevalier, Émile Septembre, Marianne Graton, Raphaël Boudreault, Mia Pelletier, Élyse Huot et Amélie Soulard, dans une mise en scène de Véronique Côté.

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