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Colloque de vulgarisation scientifique de la Première Guerre Mondiale – Partie 1 de 3

Voici la première partie sur trois de la couverture médiatique du colloque de vulgarisation scientifique de la Première Guerre Mondiale

M. Denis Leclerc

Entrevue avec Denis Leclerc, directeur du département d’histoire et de géographie et responsable de l’évènement

SDN : Pourquoi organiser un tel colloque ?
DL : Je fais partie, ainsi que six autres de mes collègues du département, d’un comité de commémoration du centenaire de la Première Guerre mondiale (1914-1918). Le colloque de vulgarisation scientifique est la dernière activité prévue dans l’année de commémoration, après une exposition, le jour du Souvenir et un festival de cinéma. C’est Jean-Pierre Desbiens, professeur d’histoire, qui a eu cette idée en 2004, mais nous avons commencé à faire des démarches il y a environ deux ans, à planifier les activités à l’interne et avec la direction ainsi qu’à aller chercher du financement auprès des anciens combattants et du guichet unique.

SDN : La Première Guerre mondiale est-elle donc si importante ?
DL : C’est malheureusement une guerre oubliée, plutôt éclipsée par la Seconde en 1939-1945. C’est une guerre marquante, car elle a préparé le terrain pour celle de 1939, à renforcer, entres autres, le nationalisme, et ce fut la première guerre industrielle. Six cent mille soldats canadiens y ont participé ; le Canada fut d’ailleurs la colonie anglaise la plus impliquée dans un conflit qui, finalement, ne le concernait pas. C’est notamment pour cela que nous avons obtenu notre indépendance en 1931 avec le statut de Westminster.

SDN : Comment se passera le colloque ?
DL : Nous avons rejoint les meilleurs spécialistes pour huit conférences diverses, une table-ronde, une prestation musicale et une pièce de théâtre. Quelques étudiants bénévoles, comme pour l’exposition, nous aideront à l’accueil et nous avons invité tous nos étudiants et les membres du personnel. Nous attendons aussi des gens du public puisque nous avons fait de la publicité à la radio et dans les médias locaux.

1. Conférence d’ouverture animée par Sami Aoun, invité d’honneur

Sami Aoun
Par Mathilde Duval-Laplante
Journaliste pour la Salle des Nouvelles

L’auditorium s’est rempli d’une soixantaine d’étudiants, de professeurs et plusieurs personnes du public venues spécialement pour Sami Aoun. Ce professeur émérite, politicologue québécois d’origine libanaise et spécialiste du Moyen-Orient, attendait dans le hall et discutait avec tout un chacun. Après des mots d’ouverture de Denis Leclerc, de la directrice des études Paulette Dupuis et de Jean-Pierre Desbiens, initiateur du projet, M. Aoun a pris la parole pour environ quatre-vingt dix minutes. Vif d’esprit, il salua en guise d’introduction la solidarité évidente de tous les participants au projet, les estimant heureux et chanceux de « ne pas avoir à subir de guerres de tranchées en période d’austérité », et de s’être tenus les coudes serrés pour souligner cet important centenaire. Sa conférence portait sur l’effondrement de l’Empire ottoman en quatre temps : le commencement du déclin dès le 16e siècle, la question de l’Orient, de l’Empire à la République turque et enfin le règne de Mustafa Kemal. Illustrant ses propos d’un power point et de cartes, M. Aoun a captivé son auditoire par son savoir remarquable et ses exemples pertinents et surprenants. Humble, pédagogue et passionnant, il fit rire l’auditoire en disant qu’il irait au paradis puisqu’il avait parlé du pape François.

À la fin, on lui posa des questions sur le concept de califat, sur le rôle de Laurence d’Arabie et sur ce qui reste aujourd’hui du kémalisme. Par ailleurs, cette dernière question fut posée par Michel L’Italien, directeur de l’Histoire et du patrimoine du ministère de la Défense nationale, qui donnait une conférence sur la vie quotidienne des soldats dans les tranchées en après-midi et qui se trouvait dans la salle pour écouter M. Aoun. La Salle des Nouvelles lui demanda dès qu’il eut fini pourquoi il avait accepté de faire partie du colloque, ce à quoi il répondit qu’il aimait tant le cégep et les étudiants qu’il n’avait pas hésité à mettre son grain de sel dans ce projet grandiose. Il repartit ensuite à Montréal d’où il était arrivé la veille.

2. Tea for 20’s, prestation musicale

Par Antoine Goulet
Journaliste pour la Salle des Nouvelles

Sur l’invitation de Denis Leclerc, le groupe Tea for 20’s a offert une prestation musicale aux étudiants du cégep dans le cadre du colloque de la Première Guerre Mondiale. Le groupe s’inspire du jazz et du charleston des années 20 avec des tonalités du style « Big Band ». Ce groupe fut invité car leur sonorité était particulièrement en vogue à l’époque : ce style était populaire dans la période d’après-guerre, pour « remettre du swing dans l’époque », comme l’a mentionné la chanteuse du groupe. C’est dans cet état d’esprit que le groupe, habillé à la mode de ces années, performa une dizaine de chansons typiques de l’époque. Entre autres, les grands classiques jazz Sweet Georgia Brown, Blue Skies et After You’ve Gone Away ont fait partie de la performance. La prestation du groupe fut également accompagnée par un repas fourni par Bistro Garneau aux tendances de l’époque : du pouding au pain et une soupe aux pommes de terre surnommée la « soupe du combattant », tous les deux offerts à des prix modiques. La prestation du groupe de Vincent Gagnon au clavier, René Paquette à la contrebasse, Antoine Breton à la guitare ainsi que la voix d’Émilie Thibodeau, dura environ une heure.

 

3. La vie quotidienne des soldats dans les tranchées de 1914-1918

Soldats dans une tranchée lors du conflit de 1914-1918
Par Juliette Fournier
Journaliste pour la Salle des Nouvelles

Troisième conférencier du colloque, Michel Litalien nous a entretenu de la vie quotidienne des soldats dans les tranchées de 1914 à 1918. Directeur de l’Histoire et du patrimoine au ministère de la défense nationale, il était un véritable puits d’informations sur ce sujet.

Les soldats étaient-ils assignés à la tranchée lorsqu’ils s’engageaient dans l’armée ? « Non! s’est exclamé M. Litalien, il s’agit d’un mythe. Il y avait une rotation des rôles parmi les différentes tâches à accomplir. » Cette conférence au contenu riche était présentée le mardi 17 mars à 13h. Les propos de M. Litalien nous ont donné l’occasion de mieux comprendre le rôle de la tranchée dans la Grande Guerre.

La vie dans les tranchées était surtout active la nuit. Il fallait être attentif aux signes trahissant une attaque surprise de l’ennemi. C’était aussi le moment de réparer les sections abîmées au cours de la journée par les obus. Il s’agissait d’une tâche à recommencer perpétuellement. Éventuellement, cette guerre de tranchées s’est transformée en guerre de tunnels. Certains soldats essayaient de se frayer un chemin sous la terre pour infiltrer la tranchée ennemie. Une fois infiltrés, c’était au combat corps à corps que les comptes se réglaient. Un moyen qualifié de barbare par le conférencier.

La vie quotidienne, outre les attaques, était monotone et ennuyeuse. Les occupations étaient rares. Il fallait aussi endurer les infestations de poux et de rats. Georges-Ulric Francoeur, canadiens-français enrôlé dans le 22e bataillon, écrivait son journal et dessinait des scènes de la vie quotidienne. Son oeuvre raconte des événements inédits. Les journaux des soldats ont permis d’en apprendre davantage sur le quotidien dans la tranchée.

C’est la tête pleine de nouvelles informations que nous avons quitté cette conférence. M.Litalien nous a suggéré quelques lectures pour poursuivre notre apprentissage. Il parlait entre autres du livre du franco-ontarien Bill Rawling Survivre aux tranchées, du journal de Francoeur simplement intitulé Mon journal, de l’ouvrage de Frédéric Rousseau La guerre censurée et de son propre livre coécrit avec Stéphane Thibault Les tranchées. À coup sûr, il donnait envie d’aller chercher de plus amples informations au sujet des mythiques tranchées, symbole de la Première Guerre mondiale.

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