Politique Vie au Cégep

Le climat social déclenche des remous à Garneau

cc95ebff-02d6-475b-9174-37968998224e_ORIGINAL

par Mathilde Duval-Laplante

Rédactrice en chef pour le journal La Salle des Nouvelles

Lundi le 23 février dernier, une vidéo virale fut publiée sur Facebook et fut regardée par 162 000 personnes en une semaine: des étudiants s’étaient filmés en train d’occuper les bureaux du ministère de l’éducation à Québec et, disant prendre contrôle du pouvoir politique, déclaraient unilatéralement la gratuité scolaire. 

Un groupe d’une vingtaine de personnes a réussi à pénétrer dans les bureaux du ministère de l’éducation se trouvant à Québec la journée du 23 février dernier. Leur porte-parole, celui qui s’adresse aux auditeurs, s’est d’abord présenté au secrétariat, vêtu d’une chemise et disant vouloir présenter un mémoire. Se trouvant de l’autre côté de l’accès des bureaux qui est d’ordinaire fermé à clé, il fut en mesure d’ouvrir la porte au groupe qui patientait à l’extérieur et, tous ensemble, ils commencèrent à « occuper » le cabinet du ministère de l’éducation..

Une occupation symbolique, cependant, car il n’est pas a priori illégal de s’y introduire, étant un lieu semi-public, d’après Simon Marcoux-Piché, porte-parole de cet évènement et coordonnateur de l’Association étudiante du cégep Garneau. Monsieur Marcoux-Piché ajouta qu’ils purent y rester une heure trente minutes, le temps que les responsables de l’établissement et la police signent un avis d’éviction : « Il ne s’agit pas de désobéissance civile, car nous sommes sortis dès que la police nous l’a demandé. Il s’agit davantage de dérangement ».

Contrairement aux idées reçues au cégep Garneau, cette action n’était pas organisée par l’Association étudiante, mais par quelques individus en leur nom personnel : « Il est clair que l’Association étudiante n’est pas là-dedans, même si elle a des mandats contre l’austérité. À Garneau, personne d’autre que moi faisait partie de l’exécutif, et je l’ai fait en mon nom personnel » assura Simon Marcoux-Piché. Lui-même ne croit pas que les gens pensent que c’est l’Association étudiante qui ait organisé cette action, n’ayant pas entendu de telles rumeurs à sujet. Il assure que si les gens se posent la question, il pourra éclaircir les choses, mais n’a rien prévu de faire jusqu’à présent.

C’est donc dans le cadre de la Semaine des actions dérangeantes organisée par la Coalition pour la justice sociale que s’inscrivait ce geste, et dans la conjoncture plus large de la lutte contre l’austérité imposée par le gouvernement libéral, une lutte très répandue selon M. Marcoux-Piché. Par ailleurs, d’autres actions telles que des manifestations devant la Tour de la Bourse à Montréal et la remise de copeaux de bois au ministre Bolduc, symbolisant le démembrement du système de l’éducation, furent posées durant cette période.

Il se trouve que le groupe de manifestants ait aperçu l’ex-ministre de l’éducation Yves Bolduc, avant qu’il ne démissionne trois jours après, mais qu’il n’ait pas pu lui parler. Mais selon M. Marcoux-Piché, cela n’aurait pas été nécessaire, car « il ne s’agit pas de le convaincre personnellement ». Il ajoute que c’est plutôt grâce à un rapport de force de la population, reposant sur une série de gestes dénonciateurs tels que cette occupation symbolique, qu’on obtient des changements.

Les commentaires du vidéo sont très partagés quant à l’issue du débat sur la gratuité scolaire et sur le dérangement suscité par l’occupation. Mais quoiqu’il en soit, Marcoux-Piché et le groupe d’occupants espèrent encourager une grève sociale, c’est-à-dire une grève générale de l’ensemble des travailleurs et des travailleuses. À ses dires, vingt mille étudiants ont déjà décidé de cet aboutissement, et pour que le cégep Garneau parte lui aussi en grève, un suffrage sera fait auprès des étudiants le dans les prochaines semaines pour faire suite à la demande de l’ASSÉ aux associations affiliées.

Pour visionner la vidéo : http://www.journaldequebec.com/2015/02/23/le-bureau-de-bolduc-occupe-par-des-etudiants

 

À propos de l'auteur

La Salle des Nouvelles

Commentez