Arts et culture

S’appartenir(e)

De Romane Marcotte

journaliste pour La Salle des Nouvelles

Le lundi 9 mars, le théâtre du Trident, le festival du Jamais Lu et le Théâtre français du Centre national des arts présentaient S’appartenir(e), une occasion pour huit auteures de nous lire leurs réflexions sur le terme de l’appartenance.

Joséphine Bacon, Marjolaine Beauchamp, Véronique Côté, France Daigle, Rébecca Déraspe, Emmanuelle Jimenez, Catherine Léger et Anne-Marie Olivier ont apporté des réponses légères, graves, fantaisistes ou empreintes d’humour, d’amertume, d’ironie, de sérénité ou de révolte à la question qu’on leur avait posée : que signifie s’appartenir?

Elles sont venues nous dire la difficulté de s’appartenir en tant que femme lorsqu’on s’aveugle des violences et du mépris qui leur sont faites, de s’appartenir en tant que personne lorsque les normes de beauté et l’importance des individus sont dictées arbitrairement par les médias et les réseaux sociaux, la volonté d’appartenir à quelqu’un qu’on aime, à une terre ou à une histoire, à des traditions, mais aussi celle de refuser d’appartenir à une société matérialiste, à un équilibre budgétaire.

Une réflexion libre sur les femmes, une lettre de protestation au premier ministre, une ode à l’amour comme raison de vivre, les « Sept Conseils Covergirl de Catherine », le récit d’une « ogresse » qui préfère dévorer tous ses souvenirs que de souffrir l’ignorance générale de son statut Facebook, toutes ces lectures défilent devant les spectateurs sur un fond de fleuve hivernal, ponctué par les percussions d’Éric Forget.

La mise en scène et le décor sont simples, toutes les auteures ne sont pas des actrices : l’accent est mis sur le partage des mots et des émotions, pour un effet réussi. Après une heure et quarante minutes de représentation qui nous paraissent pourtant assez courtes, le spectateur se demande à son tour à qui il appartient, à ce qu’il est juste ou non d’appartenir, s’il s’appartient à lui-même.

Si le Trident n’offrait qu’une seule représentation, les spectateurs d’Ottawa et de Montréal pourront également entendre ces textes, les 27 mars et 1er mai 2015, dans le cadre du Festival Jamais Lu, une organisation rassemblant près de 4000 spectateurs chaque année autour de plus de trente lectures théâtrales, principalement à Montréal et à Québec. Nous vous invitons à consulter leur site internet : http://www.jamaislu.com/

À propos de l'auteur

La Salle des Nouvelles

Commentez