Science Vie au Cégep

L’hydroponie, une aventure commencée à Garneau Travail

Voici le récit du moment où l’idée de l’hydroponie a émergé dans mon esprit jusqu’à son développement actuel au sein du Cégep Garneau.

Par Catherine Gravel, Journaliste pour la Salle des Nouvelles

D’abord, qu’est-ce que l’hydroponie?

Il s’agit d’une façon de faire pousser des plantes sans terre, elles poussent dans l’eau. Nous mettons des minéraux dont la plante a besoin dans l’eau et les racines les absorbent comme elles le feraient en terre, mais de façon encore plus efficace. Il faut également que l’eau soit bien oxygénée.

De ses débuts au Cégep Garneau jusqu’à aujourd’hui

Suite à une visite à Agrocité de l’Université Laval en hiver 2017, j’ai été très intéressée par les principes de l’hydroponie et de l’aquaponie, utilisés pour faire pousser des plantes. L’aquaponie est une technique de culture qui ressemble à l’hydroponie, toutefois il s’agit d’une technique plus complexe car elle exige de créer un écosystème autonome avec des poissons. Les poissons vont notamment générer les minéraux nécessaires à la pousse des plantes. Intéressant!

J’ai entrepris des recherches sur ces deux modes de culture. À la fin du printemps dernier, j’ai soumis l’idée de faire de l’hydroponie au Cégep à M. Maxime Van de Putte, conseiller à la vie étudiante en entrepreneuriat, et ce dernier a bien aimé l’idée. À l’automne 2017, j’ai fait la soumission d’un budget et d’un plan que j’ai dessiné à partir de mes recherches et de mes observations faites sur des systèmes existants. Par la suite, j’ai entrepris des démarches pour la commande de matériel et la construction de mon système. Avec l’aide de M. Ivanhoé Moisan pour la construction du système, le projet a pu définitivement prendre vie au début du mois de janvier 2018 au sein du département de recherche et développement dans Garneau Travail, l’entreprise-école dans laquelle je suis gestionnaire de projet. Je suis présentement secondée d’une petite équipe pour m’aider à mener le projet.

Toutefois, tout ne s’est pas déroulé exactement comme prévu bien évidemment. D’abord, suite à des problèmes avec la germination des graines de plante, il nous a fallu trouver des solutions pour améliorer le protocole. Le 11 janvier 2018, les premières pousses étaient prêtes à être implantées dans le système. Le projet prenait alors concrètement forme! Nous avons eu à partir de ce moment d’autres embuches qui m’ont mené à me poser de nouvelles questions pour améliorer mes procédés et trouver des solutions qui fonctionneraient à long terme.

Actuellement, trois sortes de laitue poussent dans le système hydroponique, soit la laitue feuille de chêne, la laitue buttercrunch et la laitue grosse blonde paresseuse. Cette dernière n’est pas réellement paresseuse, je dirais même qu’elle est plutôt très énergique! De fait, c’est jusqu’à maintenant cette dernière qui croît le plus rapidement. Nous faisons également pousser des fines herbes, soit du basilic et du persil. De plus, nous travaillons sur des protocoles pour réussir à faire germer de la coriandre et des épinards.

Un plant de laitue prend environ 6 semaines à grandir avant de pouvoir être consommé. Pour les fines herbes, la durée de croissance est variable, nous coupons seulement les feuilles lorsque les plants sont assez grands et ils en produisent d’autres assez rapidement. Notre objectif est de vendre les plantes lorsqu’elles seront assez grandes.

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Apprentissage personnel et motivation

D’abord, ce projet m’a demandé de sortir de ma zone de confort à plusieurs reprises pour en arriver jusqu’où nous en sommes présentement. J’ai également découvert de nouvelles habilités et facettes de ma personnalité. Lorsque nous effectuons de la recherche et du développement, je peux comparer cela à une montagne russe. Lorsque tout va bien comme nous l’avions prévu, un problème inusité survient à un certain moment et nous perdons une série complète de jeunes pousses. Il faut alors en trouver la raison, trouver une solution au problème et documenter le tout afin de ne pas répéter les mêmes erreurs. Je vis ainsi à travers cette expérience de grandes joies et des moments de bonheur comme des moments de frustration. À travers les hauts et les bas de chaque étape de ma recherche, chaque expérience est toujours une source d’apprentissages. Il faut se retrousser les manches et continuer à avancer.

Au mois de novembre 2016, j’ai subi une commotion cérébrale qui a encore de grandes répercussions dans mon quotidien et cela même 15 mois plus tard. Le projet d’hydroponie est l’une de mes sources de motivation qui me permet de garder le cap et de continuer à avancer. La vie est trop courte pour ne pas en profiter. Je transforme la frustration et la douleur physique que cet évènement me fait vivre au quotidien en positivisme. C’est pourquoi ce projet d’envergure a pu voir le jour. Je quitterai le Cégep en mai 2018 pour poursuivre mes études dans la même branche en science et technologie des aliments à l’Université Laval. Je souhaite que d’autres étudiants puissent faire progresser ce projet avec autant de passion et de plaisir que j’ai eu pour le démarrer et le faire évoluer au cours des derniers mois.

Remerciements

Pour conclure, je ne pouvais omettre de mentionner ceux qui m’ont grandement aidé dans le projet et sans qui il n’aurait pas été réalisable. Je souhaite remercier Mme Annie L’heureux, professeure de biologie, M. Maxime Van de Putte, conseiller à la vie étudiante en entrepreneuriat, M. Ivanhoé Moisan, technicien au CDSP, Mme Johanne Plante, technicienne à la vie étudiante, ainsi que les étudiantes qui ont voulu participer à mon projet. Merci également aux personnes de mon entourage qui ont contribué de près ou de loin à la réalisation ce projet.

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La Salle des Nouvelles

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