Vie au Cégep

L’ÉEQ, un concept unique

Fait peut-être peu connu de certains étudiants, le Cégep Garneau est, depuis l’été 2015, l’hôte de l’École d’entrepreneuriat de Québec. Localisée dans le pavillon H (formation continue et service aux entreprises), l’ÉEQ offre un espace entièrement dédié à l’entrepreneuriat, à l’intention de n’importe quel individu ayant un projet et recherchant l’encadrement et les outils nécessaires à sa réalisation. Opérant depuis près d’un an et demi et dispensant un accompagnement et des formations pour des aspirants chefs d’entreprises, le modèle de l’ÉEQ a la particularité d’être unique en son genre et l’éventualité de futures expansions est déjà en gestation. Voici un tour d’horizon.

Par Luqman Cissé Journaliste pour la Salle des Nouvelles

 

Sujet très en vogue actuellement, l’entrepreneuriat est aux yeux de plusieurs un incontournable pour le développement économique et communautaire. Comme en témoigne les diverses initiatives d’organismes communautaires, d’institutions scolaires ou gouvernementales, beaucoup d’investissements sont faits dans ce domaine que l’on cherche activement à promouvoir. Le Cégep Garneau n’échappe pas à la règle. Déjà reconnu pour ses multiples entreprises écoles, le Cégep dépasse cette fois-ci le cadre scolaire avec l’École d’entrepreneuriat de Québec. En effet, la formation et les ateliers offerts à l’ÉEQ sont très différents des cours offerts dans le cadre d’un DEC ou d’un DEP en Gestion. Indépendante du Cégep, ne nécessitant pas de diplôme et n’en octroyant pas, cette école s’adresse aux entrepreneurs et aspirants entrepreneurs.

Mme Kathleen Giguère, coordonnatrice au développement des affaires explique que l’idée derrière ce projet est venue de la Direction générale. Interpellée par une étude révélant l’« indice entrepreneurial » du Québec, la Direction a entrepris une enquête sur les différents facteurs susceptibles de freiner l’élan de ceux et celles qui pourraient être tentés de se lancer en affaires. C’est suite à des rencontres avec certains membres de la communauté d’affaires de la ville de Québec, que l’idée d’un espace réunissant accompagnement, formation et développement des compétences est née. Utilisant les résultats issus des consultations, plusieurs principes ont été établis et ont éventuellement mené à la fondation de l’École d’entrepreneuriat de Québec, dirigée par M. Carol Gilbert.

Contrairement à un DEP ou à un DEC, les étudiants de l’ÉEQ ne suivent pas des cours magistraux et ne passent pas d’examens. Tout est plutôt mis en place pour accompagner les entrepreneurs dans la création de leurs entreprises. Bénéficiant d’ateliers et de formations, les aspirants entrepreneurs profitent des services d’entrepreneurs déjà établis et de professionnels qui les aident à chaque étape de leur cheminement. Ainsi, les étudiants du programme Création consacrent près de 35 heures par semaine à la mise sur pied de leur entreprise. Leur horaire se partage entre les activités d’ateliers et de formations (environ 20 heures), ainsi que les interactions et tâches extérieures (environ 15 heures). Bien que l’école soit ouverte à tous, il serait ardu pour un étudiant ou un travailleur à temps plein de pouvoir fournir les heures nécessaires et supporter le rythme suivi. L’apprentissage se veut donc beaucoup plus pratique que théorique. Autre particularité, l’accompagnement est personnalisé. Les entrepreneurs conscients de leurs lacunes dans certains domaines peuvent ainsi avoir des conseils plus ciblés sur ce qu’ils doivent améliorer.

Les locaux aménagés à l’intention de l’ÉEQ contiennent de l’équipement informatique, des salles où sont dispensés ateliers et formations et des espaces de travail. Il y a aussi un incubateur, service fait pour accompagner les entrepreneurs dans les premières années actives de leurs entreprises. Grâce à ce service, les nouveaux entrepreneurs peuvent bénéficier de bureaux et de locaux provisoires leur permettant de solidifier les bases de leurs entreprises naissantes. Ce volet incubation propose aussi des formations et des ateliers sur des sujets plus ponctuels destinés à certains entrepreneurs ou travailleurs autonomes souhaitant parfaire leurs connaissances.

Il faut savoir qu’initialement, l’ÉEQ s’était donnée pour mission d’aider les futurs entrepreneurs à démarrer leur entreprise, un objectif qui prenait environ 6 mois. Depuis, les cibles à atteindre ont évolué et l’ÉEQ vise maintenant à être un levier pour toute entreprise, et ce, peu importe sa taille et son domaine d’activité. Ayant jusqu’à présent accueillie 4 cohortes dans le programme Création, trois autres programmes seront lancés d’ici le printemps 2017, visant la rentabilité poursuivie dans les premières années, la croissance et la relève. Chacun de ces programmes complets sera aussi offert en modules dans le but de mieux répondre aux besoins et au rythme des entrepreneurs. De plus, l’École offrira dès janvier 2017 des formations à la carte qui permettront de répondre aux besoins plus ponctuels des entrepreneurs. Selon les dires de Mme Giguère, l’offre de l’école est désormais beaucoup plus complète. Fort d’un modèle singulier semblant faire ses preuves, l’ÉEQ ne cache pas son ambition d’exporter son concept ailleurs au Québec.

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